Poëmes

Mardi 10 mars 2009



La Rose et les Enfants

Il était une rose qui aimait les enfants.
Et quand ils s'approchaient pour sentir son parfum,
Ils pouvaient la toucher, elle ne piquait pas.

Il était des enfants qui aimaient cette rose,
Cette rose qui jamais ne piquait !

Il était une rose ! il était des enfants !
 

Elle avait grandi là, au milieu des champs
où les enfants venaient jouer.
Pour eux, c'était la fée "Merveille".
Et ils s'endormaient en rêvant :
A cette rose qui au milieu du près
Etait comme une lumière,
Avec sa douce senteur,
Et qui jamais ne se fanait.


Il était une rose ! Il était des enfants !


                                                                                           Geneviève GIL-MAUREL

Ce poême est dédié à Marie-Thérése R.,
qui venait chanter régulièrement
avec nous, dans notre paroisse
"notre petite souris" comme l'a surnommée
bien amicalement l'un des membres de
Saint Vincent de Paul, tant elle agissait sans bruit
mais éfficacement., en rendant service à tous..
Et maintenant , elle s'en va tout doucement
pour faire  le grand voyage vers l'Eternel..
Allongée, n'ayant plus la force de se lever
"Je suis prête" a-t-elle dit..
Et elle attend tout simplement l'heure
où le Seigeur l'appelera..





Lundi 2 février 2009
  • Poëme écrit au camp de Neubrendenburg
  • le 17 décembre 1944. La danseuse était
  • une jeune prisonnière tchéque: Kvieta.
  • Elle avait vingt ans à la sortie du camp.
  • Elle est morte un ou deux ans après, de
  • la tuberculose.
A  une  danseuse
Danseuse au bras flexible et léger comme une aile
Danseuse, pourquoi danses-tu ?
La foule t'applaudit, mais ce n'est pas pour elle
Tu danserais autant si nul n'était venu.
Tu danserais autant car il faut que tu danses,
Mais dans ce mouvement du corps épanoui,
Dans ce geste des mains qui vibrent et s'élancent
Comme des oiseaux réjouis,
Dans ce geste du tronc qui se courbe et s'étire,
Dans ce drame émouvant qui nous parlent sans bruit,
Danseuse, que veux-tu nous dire ?

Tu danses le captif et tu danses l'esclave
Tu danserais l'amour incompris ou naissant,
Tu danses tous ceux-là qui portent des entraves,
Tous ceux-là que dévore un désir impuissant,
Mais tu saurais danser dans une heure de joie
L'ivresse du bonheur que le hasard t'envoie,
Même si pas un oeil ne peut t'apercevoir
Et sans public et sans miroir....
 
Danseuse, dis, lorsque tu danses
Ne serait-ce pas pour délivrer
Quelque chose en prison dans ce corps de souffrance
Quelque chose qui chante et qui voudrait pleurer ?
Danseuse en admirant la grâce de tes gestes,
Je songeais que la danse est peut-être un effort
Pour liberer l'esprit de ce carcan funeste
Où l'emprisonne notre corps?


Mais le corps est si beau et la joie est si pure
Quand on le voit ainsi défier la gravité,
Que je comprends comment le corps se transfigure
Et la chair doit ressusciter !


Mais toi qui sais, ô toi qui danses,
Toi pour qui ce monde est connu,
Réponds-moi donc ce que tu penses;
Danseuse, pourquoi danses-tu ?

MM


Micheline Maurel a été déportée de fin Août 1943
à fin mai 1945. C'est ma soeur ainée.
Elle a écrit :entre autres " La vie normale" qui a remporté
"le prix des critiques "en 1956.

 

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